r Garance
Jeanne Herry, France, Belgium, 2026o
Garance is a young actress. She copes with everything as best she can – bravely, cheerfully, like a fighter – and finds motivation and solace in alcohol. When she falls in love with Pauline, she gradually realises just how much her addiction is jeopardising their relationship and how difficult it is to break free from it.
De toute évidence, Jeanne Herry aime filmer Adèle Exarchopoulos. Son quatrième long-métrage gravite autour de cet astre propulsé dans le ciel du cinéma français avec La vie d’Adèle, offrant à l’actrice l’un de ses plus beaux rôles. Soit donc une jeune comédienne en couple avec un metteur en scène débutant, se produisant sur les planches d’un théâtre de banlieue. L’annonce, motivée par le tabou qu’est l’alcoolisme de Garance, qu’elle ne participera pas aux créations de la prochaine saison, tombe comme un couperet. Le personnage suit dès lors une pente descendante: rupture amoureuse, déménagements en série et précarité financière dessinent les contours d’une phase difficile durant laquelle la consommation d’alcool s’accroît. Réconfort précieux, l’héroïne peut compter sur la solidarité d’une communauté queer dont elle a fait la connaissance dans la foulée d’un de ses changements de domicile. Avec ce groupe d’ami·e·x·s, Garance écume les bars jusqu’au bout de la nuit, aime d’autres femmes, s’enivre d’alcool et de sensations. Le film accompagne le personnage au cours des années qui suivent, illuminées par un grand amour avec une scénographe, assombries par les cancers de sa sœur, la boisson en toile de fond. Herry s’abstient de tout jugement à l’encontre de l’addiction de Garance; il est difficile de ne pas tomber sous le charme de ce personnage entier, fort et vulnérable à la fois. Omniprésente, Exarchopoulos incarne avec intensité cette femme dont les stratagèmes pour dissimuler sa consommation d’alcool ne trompent bientôt plus personne. Le dernier quart du film perd en énergie, dès lors que le personnage et le récit sont pris en charge par le protocole médical. Si l’imagination d’Herry s’en trouve amoindrie, ne proposant rien de plus que le suivi des étapes d’une thérapie, Exarchopoulos continue d’exister dans chaque plan avec la même force, la même ivresse.
Emilien Gür
